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Ni 73, Ni 74, Indépandance

 

NI 73, NI 74 !

 

POUR L'INDEPENDANCE !

 

La France en tant que puissance coloniale a prévu dans sa Constitution maintes formules d'exercice de son pouvoir de domination coloniale, d'oppression nationale.

 

Elle a transformé sa force obtenue par la violence en droit, et dans sa loi fondamentale en conformité avec sa logique coloniale raciste et méprisante, il est précisé que dans ce qui est considéré comme la France, il n'y a qu'un « peuple » et que les « populations d'outre mer » peuvent choisir, dans l'éventail qui est défini, la forme de soumission qu'elles préfèrent.

 

Les choses sont bien déterminées et caractérisées quant à la qualité de chacun.

 

D'un côté, il y a le seigneur et de l'autre les sujets.

 

Voilà brièvement le cadre dans lequel ceux qui s'agitent fébrilement sur les articles de la Constitution française veulent enfermer notre peuple, lui qui en dépit de toute reconnaissance par le maître, au cours de son histoire a affirmé son existence, acquis ses caractéristiques et manifesté sa résistance à la servilité et à l'aliénation.

 

Rester dans ce cadre c'est adhérer à la pratique sournoise, perverse du colonialisme qui cherche toujours à faire valider, sous une forme ou l'autre, sa domination par les dominés.

 

Le gouvernement colonial a informé de sa décision d'opérer des retouches à son système et d'organiser des élections selon son bon vouloir en fonction de ses intérêts ; une fois encore il méprise le droit de notre peuple à l'autodétermination.

 

Par des mesures calibrées et des réformes calculées le pouvoir colonial ponctue sa mainmise plus ou moins totale sur le territoire et les habitants.

 

Au lieu de naviguer entre les 73 – ou +, les 74 – ou +, et autres articles indéfinis pour y noyer notre peuple, ces constitutionnalistes devraient plutôt mesurer quels moyens pouvons nous mettre en œuvre, quelles forces pouvons nous mobiliser pour assumer nos responsabilités de peuple majeur dans une Martinique débarrassée de toute forme de colonialisme.

 

Ce que semble t-il certains n'ont pas compris c'est qu'il ne s'agit pas pour notre peuple d'être ou de devenir français, européen ; il s'agit de faire peuple, peuple rebelle, pour conquérir l'indépendance nationale.

 

En vérité, au lieu de consacrer notre dignité dans un combat populaire pour la souveraineté, les partisans « de l'évolution institutionnelle » présentent un simulacre de multiple unité ; à court d'arguments ils s'en remettent à celui qui est un ardent défenseur des « bienfaits du colonialisme ». Ils ne cessent de diffuser et répéter ses propos dénonçant le statu quo, leur référence est le maître qui dit pouvoir nous donner que ce qu'il veut, leur référent est le président de la puissance coloniale, Nicolas SARKOZY cité tant et plus ; et « qui nous entend, répond à notre demande, nous satisfait…. » !

 

Ceux là mêmes qui tous les jours parlent de responsabilité, répètent inlassablement que nous ne pouvons pas obtenir plus, qu'il n'est pas possible d'aller plus loin, qu'il ne faut pas prendre de risques. Quelle conception de la dignité et de la responsabilité !

 

Ils semblent être l'illustration pure de ce que disait Rousseau « les peuples une fois habitués à des maîtres ne sont plus en état de s'en passer »

 

Dans leur épopée, ils sont tantôt victorieux, tantôt victimes, tantôt ce peuple serait ingrat, ou ne serait pas prêt, tantôt ils caressent dans le sens du poil le peuple, qui n'en a cure tant la vérité est ailleurs.

 

Heureusement que nos ancêtres esclaves, dont ils brandissent souvent haut et fort la mémoire, n'avaient pas eu cette démarche de savoir avec quel article du code noir ils voulaient continuer à subir l'esclavage ou quels risques comportait la liberté !

 

Honneur et respect pour les combattants qui jalonnent l'histoire des luttes de notre peuple pour la liberté, la dignité, la justice sociale, la responsabilité !

 

Notre peuple a déjà suffisamment souffert de trahisons pour ne pas en rajouter une de plus, une de trop.

 

Mesdames, Messieurs «autonomistes» du 74, arrêtez de vanter le degré d'autonomie de la Constitution française qui n'est autre que la forme de dépendance coloniale.

 

Le totalitarisme colonial est présenté comme une démocratie, puisque ceux qui subissent peuvent donner leur accord, autrement dit c'est un règne de « pouvoir fortement maîtrisé » qui sert à tromper l'opinion en faisant croire que telle est la volonté de la population quand en réalité il ne respecte nullement les droits fondamentaux du peuple Martiniquais.

 

72 - 73 – 74- 77 … MENM MÈT, MENM PWOFITASYON !

 

Quelle que soit la forme, quel que soit le numéro, que prendra l'administration coloniale dans notre pays, DOM 972 ou COM 74, ce sera toujours le maintien du même système, autrement dit les mêmes profiteurs et les mêmes victimes.

 

Cette nouvelle illusion n'est qu'un artifice destiné à prolonger pour plusieurs décennies la domination française dans notre pays.

 

On est en droit de s'interroger sur le sens de la solidarité proclamée par certains d'entre eux avec les peuples de Polynésie et de Kanaky qui sous les régimes d'articles 74 et + luttent contre le colonialisme français pour leur souveraineté.

 

Seule la suppression de ce système colonial pourra permettre de changer réellement les choses dans le sens de la volonté du peuple, pour une politique en faveur de ses intérêts.

 

Les luttes sociales que les travailleurs ont menées, en particulier en Février 2009, ont montré combien il est important que toute politique mise en œuvre doit répondre aux besoins, aux attentes des masses populaires, doit être élaborée avec leur participation consciente, dans une optique de changement réel, pour mettre fin à toutes les pwofitasyon du système capitaliste colonial en vigueur au profit des békés et des gros bourgeois exploiteurs.

 

De même que sur le plan social il est clair que c'est la lutte des travailleurs qui a permis, qui permet des avancées significatives et non la collaboration de classes, de même face au colonisateur dans la lutte de libération nationale, il faut faire preuve de courage pour résister aux sirènes et à la répression, pour agir en conformité avec les intérêts de notre peuple.

 

Ce dont la Martinique et les Martiniquais ont besoin ce n'est pas d'une autonomie administrative mais d'une indépendance politique, non pas de compétences partielles dictées par le colonisateur, mais de pleine responsabilité dans la gestion de ses affaires.

 

C'est pourquoi nous nous devons d'affirmer notre identité, notre volonté de décider nous-mêmes de nos affaires et d'exiger que la France reconnaisse nos droits, agisse en conformité avec le droit international, en permettant le libre exercice de notre droit à l'autodétermination et à l'indépendance.

 

Nous considérons qu'il n'appartient pas au peuple Martiniquais de décider de l'administration de la France et des Français, tout autant nous estimons que ce ne sont pas les français qui doivent décider de notre vie, de notre devenir.

 

Le PKLS appelle les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les masses populaires à refuser d'arroser les racines du colonialisme sur notre terre et à s'engager résolument dans le combat pour le déchouker.

 

Pour atteindre cet objectif, les patriotes, les indépendantistes, les révolutionnaires, se doivent de remplir leur devoir, de poursuivre avec ténacité, courage et abnégation la lutte de libération nationale de notre patrie et d'émancipation sociale de notre peuple.

 

La Martinique Martiniquaise sera et ne sera que l'œuvre des Martiniquaises et des Martiniquais.

 

Ce sont les Martiniquaises et les Martiniquais qui, en pleine souveraineté, doivent élaborer la Constitution Martiniquaise , ériger un État Martiniquais qui aura à mettre en œuvre la politique décidée par eux.

 

KI YO LÉ, KI YO PA LÉ, NOU KÉ PRAN YO !

 

WOULO BA LENDÉPANDANS !

 

Martinique le 20 octobre 2009

 

Pour le PKLS

 

Jean-Pierre ETILE