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16 de Basse-Pointe

 

LES SEIZE DE BASSE-POINTE

 

 

Vers le mois de juillet 1948, un conflit éclate entre le syndicat agricole de Basse-Pointe et M. Despointes à propos du prix de la tâche de sarclage. Au cours de ce conflit, M. Guy de Fabrique trouve la mort, sans qu'on ait jamais pu en éclaircir les circonstances.

 

Le samedi 5 février 1949, en une audience spéciale, vingt-quatre inculpés dans "affaire Guy de Fabrique répondent, devant le tribunal correctionnel, de délit d'atteinte à la liberté du travail et de violences. Parmi eux se trouvent le secrétaire du syndicat agricole, Louis Blèzes, et le frère du maire de Basse-Pointe, le jeune Crétinoir.

 

En 1950, seize militants syndicaux ouvriers sont privés de liberté, sans être jugés. Basse-Pointe est en état de siège; la grève des ouvriers va durer huit mois . Les revendications portent sur le retrait des travailleurs briseurs de grève recrutés à Saint-Pierre grâce à la complicité de dirigeants socialistes, la normalisation de la tâche de chacun, l'emploi des sarcleurs en lieu et place des machines après la coupe. A la même époque, M. Adonis est arrêté à la distillerie Pécoul.

 

En 1951, la grève des travailleurs agricoles se poursuit. La presse annonce que seize emprisonnés seront jugés à Bordeaux en juillet. La plupart d'entre eux sont dans le dénuement le plus complet. Le jeudi 17 mai, un comité de secours aux emprisonnés de Basse-Pointe organise, sous la présidence du député-maire Aimé Césaire, un meeting d'information au sujet de leur départ prochain.

 

Lors de l'arrivée au Havre des seize de Basse-Pointe, plus de cinq cents personnes sont groupées sur un quai de débarquement pour les accueillir, malgré la présence de CRS et de gendarmes. Les dockers, refusant de décharger l'lie d'Aix qui avait transporté les prisonniers, déclenchent une grève de 24 heures.

 

Le procès des seize Martiniquais de Basse-Pointe commence le 9 août. Il s'agit de

 

MM. Blèzes, Surbon, Crescent, Moutoussamy, Goidaman, Erard, Rosemac, Nelar, Robin, Julina, Rovela, Bastel, Jean de Dieu, Poloma, Roure et Clio.

 

Huit d'entre eux sont accusés d'homicide volontaire. Par solidarité, la population bordelaise réclame l'acquittement des seize, «Ils sont acquittés, l'assassin de M. Guy de Fabrique n'ayant pu être retrouvé », relèvent les Nouvelles de Bordeaux du 5 juillet 1951.

(In Histoire des communes Antilles-Guyane)